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Jacques Lochard,
vice-président de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR)

 
Au mois de juillet 1990, je me suis retrouvé dans un village situé près de la zone des 30 km autour de Tchernobyl. Le maire de ce village à moitié abandonné m’a dit qu’il regrettait presque l’époque de l’accident, parce qu’être maire à ce moment-là avait un sens : il s’agissait d’aider les gens à quitter le village, d’organiser l’évacuation, etc. Quatre ans plus tard, à l’inverse, il se sentait inutile : plus d’enfants, une infirmerie déserte, plus d’agriculture… rien que des personnes âgées. En un instant, j’ai pris la mesure de la dimension humaine d’une telle catastrophe, alors que, jusqu’alors, je la considérais comme un pur problème de sûreté nucléaire.”